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Civilisation française du Moyen-âge

CHAPITRE I

LA SOCIETE AU MOYEN- AGE

I — LA FEODALITE
Puisqu' il n'y avait pas au Moyen-Age de gouvernement puissant, les pauvres et les faibles recherchaient la protection de ceux qui pouvaient la donner, c'est à dire la dépendance. Ainsi la féodalité apparaît comme un système de protection contre les menaces.

la Féodalité ?
La féodalité est un régime social qui a été prescrit en Europe jusqu'à la fin du Moyen-Age­. Elle apparait à cause de la nécessité des paysans et des petits propriétaires de se réunir autour d’un grand seigneur pour lutter contre les invasions et les guerres intérieures .

A) Causes de la féodalité
1) La faiblesse des souverains
Après la mort de Charlemagne, ses petits-fils se disputèrent le pouvoir. L'empire fut alors partagé entre eux. Ainsi divisé, le pays s'affaiblissait de plus en plus: Les ducs et les comtes profitèrent de cet état pour ne plus obéir au roi. Ils s'émancipèrent et devinrent de petits souverains sur leurs terres. Le roi, qui n'avait pas d'armées suffisantes pour maintenir l'ordre et se faire obéir, dut accepter malgré lui ce morcellement de la France.
2) Les invasions étrangères
Dès la fin du VIIème siècle les Arabes avaient envahi le midi de la France et avec le début du Xème siècle, commencent les invasions hongroises à l'Est et normandes au Nord. Les Normands, (de l'anglais Northmen ou hommes du nord) étaient des pirates de race germanique venus par mer des pays scandinaves (Danemark, Norvège, Suède). Cédant au goût de l'aventure et à l'attrait qu'exerçaient sur eux les pays au climat plus doux et au sol plus riche, ils s'abattirent sur les côtes françaises et anglaises de la Manche, pillèrent les ports, remontèrent les fleuves, assiégèrent les villes et dévasterent la campagne. Le roi était incapable d'arrêter ces actes de brigandage. Par lâcheté, it refusait de: combattre ces habiles guerriers et le plus souvent il achetait leur retraite.
Ne pouvant plus compter sur la protection du roi les grands propriétaires essayèrent de se défendre par leurs propres moyens. Ils se firent construire des camps
retranchés, de veritable petites forteresses où ils vivaient
avec leur famille et leurs serviteurs et qui devaient les
abriter en temps de guerre. Ces habitations furent connues sous le nom de châteaux forts. C’est à cette époque que s’affermit le régime féodal ou féodalité.
B) Naissance de la féodalité
Les petits propriétaires trop faibles pour se défendre seuls et les paysans qui vivaient dans la crainte continuelle du pillage vinrent se grouper autour des grands propriétaires et demander leur protection. Pour avoir la sécurité les habitants sacrifièrent leur liberté et reconnurent comme chef le grand propriétaire qui leur promit. son aide. En échange, le protégé (vassal) jurait obeisance et fidélité à son seigneur (suzerain) et s'engageait à lui rendre quelques services, soit dans le métier des armes, soit en cultivant ses terres. Tout en haut de cette hiérarchie setrouvait le roi qui était considéré comme le suzerain des suzerains. La féodalité était née. Au début, le seigneur ne devenait titulaire de ses terres,qu'on appelait «fief» ou « féod », qu'en vertu d’une autorisation du roi ; mais bientôt le fief devint
héréditaire ; le roi perdait ainsi sa souveraineté car les seigneurs s'émancipèrent complètement de leur suzerain ( le roi.) et obtinrent le droit. de guerre, le droit de battre
monnaie, de faire les lois et de rendre la justice.

Conclusion
Ainsi, c'est la nécessité d'une protection assurée par le plus fort au plus faible qui donna naissance au régime mais cette nécessité se payait très cher. Le vassal sacrifiait à son seigneur, sa liberté et lui devait encoreune grande partie de son travail des produits de sa terre,une part de son argent et le service militaire.

LES CLASSES SOCIALES AU MOYEN AGE

A) Caractères de la société médiévale
La société au Moyen-Age se base sur deux principales :
a) L'inégalité
b) Le manque de liberté.

a) L'inégalité.
Au Moyen-Age tous les membres de la société n'avaient pas les mêmes obligations. Ils étaient divisés en deux catégories : Les privilégiéset les non privilégiés.

b) Le manque de liberté
Tous vassal dépendait de son suzerain. Il lui devait fidélité et obéissance.

B) Constitution de la société mediévale

Les privilégiés
Ils comprenaient les deux classes suivantes :
a) Le Clergé
b) Les Seigneurs (La Noblesse)

a) Le clergé
Il avait une trés grande autorité car le Moyen-Age est une époque foncièrement chrétienne. Les clercs avaient leur organisation particulière ainsi que leurs tribunaux ou officialités. La compétence de ces tribunaux ne se limitait pas uniquement aux affaires ecclésiastiques mais elle s'étendait encore aux causes civiles.
b) Les seigneurs (La noblesse)
C'est une caste à part vouée au métier des armes. Au sommet de cette hiérarchie se trouvait le roi: « Le seigneur de tous les seigneurs» et à qui ces derniers devaient en principe obéissance et fidélité. Le seigneur est toujours un duc ou un comte. Il possédait un vaste domaine appelé «fief » ou « féod » en vertu d'une autorisation du roi.

Les non privilégiés
C'est la classe des travailleurs, astreinte à fournir, à tous l'or, la nourriture et le vêtement. Cet ordre, qui était composé de tous ceux qui ne faisaient pas partie des deux classes précédentes comprenait

a) Les bourgeois
C'était la classe des commerçants et des orfèvres ; elle vivait dans les villes ou bourgs (d'où le nom de bourgeois). Cet ordre s'enrichit par le commerce et bien souvent il acheta la ville qu’il occupait.
b) Les artisans.
Etaient artisans, tous ceux qui travaillaient de leurs mains. A la tête de la hiérarchie artisanale il y avait les patrons ou maîtres, venaient ensuite les compagnons puis les apprentis.
c) Les paysans.
A la campagne, les paysans vivaient autour des petits seigneurs. Les paysans étaient aussi appelés vilains (parce qu'ils habitaient sur le domaine seigneurial ou« villa » en latin). II y avait deux sortes de vilains.
Les vilains libres travaillaient la terre du seigneur à qui ils payaient une taxe fixe. Ils pouvaient transmettre la terre à leurs héritiers et pouvaient disposer de leur personne.
Les vilains serfs étaient la proprieté du seigneur. Ces esclaves étaient attachés à la terre et ne pouvaient la quitter. Ils étaient cédés avec le domaine quand it était vendu. A la mort du serf tout revenait au seigneur car le serf n'avait pas le droit de léguer quelque chose à ses enfants.

La condition du serf et les taxes qu'il devait payer dépendaient des exigences du seigneur. Les principales taxes payées par les paysans étaient :

1) Au Seigneur

a) La capitation ou impôt par tête b) La taille levée sur chaque famille du domaine.
c) Le champart, qui consistait à abandonner au seigneur une partie de la récolte.
d)Les banalités, redevance payée pour l'emploi obligatoire du moulin, du pressoir et du four seigneurial.

A ces taxes payées le plus souvent en nature s'ajoutaient les corvées. On appelait ainsi un certain nombre de jours de travail que devait le paysan pour l'entretien du château, des chemins et surtout des terres personnelles du seigneur.

2) A l’église
La dîme qui consistait à laisser à la paroisse le dixième de la récolte.

Conclusion
Cette société basée sur l'inégalité et le manque de liberté durera jusqu’à la fin du Moyen-Age et même pendant trios ans après. Il faudra attendre la Révolution française pour que le people réclame et obtienne les droits dont il est privé ce qui donnera naissance à une nouvelle société basée sur l’égalité de tous ses members et ayant pour principe la devise bien connue : « Liberté, égalité, fraternité »
Conclusion
Cette société basée sur l'inégalité et le manque de liberté durera jusqu’à la fin du Moyen-Age et même pendant trios ans après. Il faudra attendre la Révolution française pour que le people réclame et obtienne les droits dont il est privé ce qui donnera naissance à une nouvelle société basée sur l’égalité de tous ses members et ayant pour principe la devise bien connue : « Liberté, égalité, fraternité »

CHAPITRE II

LA VIE AU MOYEN-AGE

A) Les villes au Moyen-Age

a) Aspect des villes au Moyen-Age

Au Moyen-Age, les villes étaient entourées de murailles fortifiés munies de portes qui n'étaient ouvertes que le jour. Autour de la muraille, il y avait un fossé, ce qui donnait à la ville l'aspect d'une grande forteresse. Les maisons s'entassaient les unes sur les autres et étaient formées d'étages en saillie de telle manière que les toits se touchaient. Les rues étroites et non pavées étaient poussiéreuses en été et boueuses en hiver. Le soleil n'y pénétrait jamais comme on ne les balayait pas elles étaient sales, humides et nauséabondes. Toutes les ordures y étaient jetées et l'on ne se souciait point de l'hygiène. Les rues animées et bruyantes pendant le jour n'étaient même pas éclairées pendant la nuit.



b) La vie dans les villes

1) Les villes etaient aussi appelées « bourgs » d'oùle nom de « bourgeois » donné à ses habitants. Elles étaient soumises à un seigneur, mais grâce au développement du commerce les bourgeois s'enrichirent et achetèrent leur ville au suzerain. La ville affranchie était appelée «Commune » et pouvait jouir tranquillement de ses richesses.

A côté des bourgeois qui étaient pour la plupart des commerçants, ou qui exerçaient une profession libérale (avocats, apothicaires, médecins) il y avait les artisans qui exerçaient un metier manucl.

Les artisans travaillaient devant leurs boutiques autour de leur maître sous les yeux des passants. La journée de travail variait entre dix et seize heures. Le maître- artisan vendait dans sa boutique ce que ses ouvriers fabriquaient.

L'apprenti se formait à son métier entre douze et vingt ans en travaillant sans gages, dans un atelier. II devenait ensuite compagnon et travaillait moyennant salaire chez un maître. Si le compagnon disposait d'un petit capital et voulait s'installer pour son compte, il demandait à subir un long examen où il produisait son chef d'oeuvre.

Les artisans d’un même métier étaient groupés en corporation et habitaient la même rue.

Qu’est qu'une corporation ?

Une corporation est une société qui groupe les artisans d'un même métier. Elle avait à sa tête ses gardes-jurés qui devaient représenter la corporation, veiller à ses intérêts et garantir la qualité du travail en réprimant la fraude.

c) L'ordre dans les villes

Au Moyen-Age, il n'y avait pas de police forte chargée d'assurer l'ordre dans les villes. Pour se défendre contre les brigands et les malfaiteurs, les bourgeois se groupaient en équipes qui se relayaient pour veiller sur la sécurité de la ville. Chaque équipe était chargée de faire le guet pendant une semaine. Les membres de l'équipe étaient appelés « les chevaliers du vet ».



d) Les distractions dans les villes

Les gens du Moyen-Age ne menaient pas une vie sombre et sans joie. Ils avaient leurs jours de plaisirs, leurs fêtes et leurs divertissements.



Les fêtes religieuses

Elles consistaient en des processions en l'honneur d’un saint.

Ces fêtes se terminaient par une représentation théâtrale. Les pièces étaient jouées devant les cathedrals leur sujet était le plus souvent emprunté l'histoire religieuse. Ce n'est que vers la fin du Moyen-Age qu'on commença à donner des pièces non religieuses.



Les foires

L'absence des moyens de communication rendait difficile l'approvisionnement. Les habitants des villages devaient donc aller régulièrement s'approvisionner dans les villes où setenaient des marchés et où affluaient les produits les plus variés. C'est ce qu'on appelait les foires, elles tombaient généralement au moment des fêtes religieuses et eurent jusqu'à la fin du Moyen-Age une grande importance. Les jours de foire toutes les marchandises étaient exposées sur de grandes tables en plein air et la ville était très animée. On s'y rendait non seulement pour faire des achatsmais aussi pour se distraire car à côté des commerçants il y avait des bateleurs et des musiciens. Sur la grande place de la ville il y avait des saltimbanques, des équilibristes, des montreurs de chiens savants. C'était dans les foires que se faisait au Moyen-Age le grand commerce.

Influence des foires sur les moeurs

Au Moyen-Age les étrangers et les habitants des provinces voisines introduisaient par ce commerce les coutumes de leurs pays et modifiaient de cette manière celle de leurs acheteurs. L'esprit étroit du paysan et du bourgeois d'alors s'élargissait sous l'influence d'idées nouvelles. On peut donc dire que les foires furent un des plus grands facteurs du progrès et de la civilisation.



B) La Campagne au Moyen-Age

Au Moyen-Age la majeure partie de la population était rurale. A la suite des invasions, les paysans s'étaient groupsen villages construits presque toujours près d'un château fort.



a) L'habitation

1) Le château fort

Le château fort est l'habitation du seigneur. Il était construit sur une butte pour permettre à ses habitants de dominer tous les alentours et de voir au loin les ennemis et les brigands.

D'abord en bois, puis en pierre, le château fort était eutouré d'un fossé plein d'eau qu'on ne pouvait franchir que sur un pont-levis.

Au centre s'élevait le «donjon » sorte de; grosse tour qui symbolisait la puissance féodale et où vivait le seigneur et sa famille. Il servait à la fois d'habitation et de refuge en temps de guerre. Le logis seigneurial consistait en une suite de chambres blanchies à la chaux, éclairées la nuit par des grande.s couronnes de fer garnies de chandelles.

Dans les châteaux forts on ignorait le confort. En hiver, malgré les immenses cheminées il y faisait froid car leurs vastes pièces étaient difficiles à chauffer. Leur ameublement était des plus simples : des bahuts aux puissantes ferrures servaientà ranger les vêtements, une table, des sièges et un lit à colonnes composaient le reste du mobilier.

2) L'habitation du paysan

Les « villettes » ou villages étaient des agglomérations de misérables chaumières ou « chaumines ». C'est là que vivaient les paysans.

Les chaumines étaient petites maisons basses ne comprenant qu'une pièce unique construite en terre battue. Elles étaient sombres parce qu'elles n'étaient éclairées que par une porte ou par d'étroites fenêtres.

Chaque chaumine était isolée dams son petit champ et entourée d'une haie. La ferme se composait généralement de trois bâtiments l’un pour le grain, le second pour le fourrage et le troisième pour la famille du paysan.

Dans la maison du paysan il y avait très peu de meubles et leur fabrication était des plus grossières. L'ameublement se composait généralement d'une caisse pour les vêtements, d’une huche pour le pain, d'une table et dequelques bancs. Le paysan dormait sur .des planches recouvertes de paille ou de fougère



b) La vie à la campagne

1)Les occupations du seigneur.

Si le paysan passait la plus grande partie de sa journée s’occuper de la terre de son suzerain, le seigneur, lui n'avait qu'une seule occupation : Faire la guerre. Dés son jeune âge, il savait qu'il serait un jour soldat. Il apprenait à peine à lire et à écrire , il s'exerçait ensuite à monter à cheval, à sauter les fossés, à grimper aux arbres, à escalader les murs, à manier l'épée, la lance. II allait à la chase avec son père. A vingt et un ans, il devenait chevalier : au cours d'une grande cérémonie, il portrait son casque, sa cuirasse et son épée, il jurait d’êtrte bon et brave, de ne jamais mentir, de ne faire du mal à personne, de protéger les enfants, les femmes et les vieillards.

2) Les divertissements du seigneur

En temps de paix, le seigneur avait beaucoup de loisirs qu’il employait à se divertir. Les principaux divertissements du seigneur sont

Les jeux de société

Pour tuer le temps le seigneur jouait aux dames, aux échecs, aux dés.



La chasse

Le château n'étant pas gai à habiter, le seigneur le fuyait et allait souvent à la chasse qui était moins un plaisir qu'une nécessité. Le seigneur chassait pour se nourrir et nourrir ses hommes ; lui seul se réservait le droit de chasse et de pêche sur ses domaines.



Les tournois

A défaut de la guerre, le seigneur avait les tournois ; c'étaient des combats donnés en spectacle aux amis et aux parents.

Les banquets

Pour tromper leur ennui, les seigneurs donnaient des banquets auxquels ils invitaient de nombreux convives. Ces banquets étaient coupés de divertissements : des poètes (trouvères ou troubadours)récitaient des histoires qui racontaient les beaux coups de lance ou d'épée donnés dans les batailles (chansons de geste) en s'accompagnant d’un instrument du musique :la vielle.
A la fin de la soirée, le seigneur et ceux qui l’entouraient s'amusaient beaucoup des farces et des tours dujongleur.



Conclusion

Ce genre d'existence dans un château triste, somber et humide ne convenait qu'à des guerriers, cette vie rude se plaisait pas aux grandes dames. Déjà après les Croisades les seigneurs n'habitèrent plus lis donjons ; le goût du luxe contracté en Orient les amena à se faire construire à l’intérieur de l'enceinte une habitation plus agréable. Ce besoin de confort augmentera de jour en jour et au XVI siècle, à leur retour d'Italie, les rois et les seigneurs françaisconstruiront des châteaux à l'italienne c'est-à-dire des résidences gaies et agréablement décorées avec de nombreuses fenêtres qui y apporteront l'air et la lumière.





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